Se souvenir des belles choses

Les richesses du passé

Se souvenir des belles choses

Les richesses du passé résistent à toutes les épreuves. La dépression nous fait croire que nos souvenirs sont tous mauvais, mais ce n’est pas vrai. Il y a aussi du bon dans l’avant, qui enrichit notre présent.

Se souvenir des belles choses

Les richesses du passé

Une remise en question

 

La dépression amène la personne qui en souffre à affronter une véritable crise existentielle. Toutes les cartes sont rebattues et dispersées sur la table. On n’y voit plus rien. La seule manière de s’en sortir, c’est de remettre de l’ordre. Une mission impossible mais ô combien indispensable.

 

Nécessairement, ce processus entraîne une profonde remise en question. Je le vois comme un deuil. On se sépare d’une partie de soi-même, celle qui nous avait noyé en eaux troubles, parce qu’on sait qu’on ne peut pas continuer avec elle, au risque de s’égarer à nouveau.

 

Toutefois, comme pour toute séparation, ce n’est pas si simple. On se demande comment procéder. Est-ce une transition brutale, une remise à zéro ? Doit-on tout jeter de son passé pour enfin s’autoriser à regarder de l’avant ?

Un passé encombrant

 

Quand on traîne derrière soi un lourd passé, il est aisé de regarder derrière son épaule pour se dire, qu’est-ce qu’il me fait mal au dos quand même, ou de s’arrêter et ouvrir son sac pour s’y perdre dedans.

 

Quand je suis tombée malade, mon passé n’existait plus qu’à travers mes mauvais souvenirs. J’avais l’impression que tout ce que j’avais vécu avant la dépression se résumait à un horrible monticule de négativisme.

 

Oui, la santé de ma sœur m’a fait vivre des instants difficiles. J’avais peur, j’étais en colère, j’étais jalouse, j’étais complètement paumée.

 

Oui, j’existais à travers les autres et je dépendais d’eux affectivement.

 

Oui, j’ai eu de très gros soucis de sommeil.

 

Oui, j’ai ramé, à cause de mon anxiété et de mes émotions refoulées, si pesantes et envahissantes.

 

Oui, j’ai perdu ma sœur, alors qu’elle n’avait pas encore vingt-cinq ans.

 

Oui, j’ai eu une dépression, et il me faut du temps pour m’en remettre.

 

Mais.

 

N’y a-t-il rien d’autre ?

Vraiment ?

Les richesses du passé : au-delà des mauvais souvenirs

 

Oui, il y a autre chose.

 

La complicité que nous avions avec ma sœur et notre sublime amour qui a résisté à toutes les épreuves.

 

Le bonheur d’avoir grandi avec des parents comme les miens à qui je dis toujours, vous êtes les meilleurs que j’aurais pu espérer.

 

Toutes ces amitiés qui m’ont tant apporté et celles qui durent encore aujourd’hui, fortes d’un lien inébranlable.

 

Le grand Amour pour l’homme avec qui je partage ma vie.

 

L’Amour, encore lui, pour la plus merveilleuse petite fille qui soit.

 

Mais aussi tout ce que j’ai appris avec les années. 

 

Et enfin, mes passions. Ce qui avait le don de me mettre en joie. Le cinéma, les groupes de musique pop-rock, l’écriture, la course à pied, le théâtre. Le rire qui résonnait si bruyamment à la maison et à l’extérieur.

Ne pas tout oublier

 

Finalement, je ne pars pas de rien. Si je cherche à m’affirmer pour qui je suis, à me redonner une valeur et à trouver ma voie, cela ne signifie pas que je dois tout oublier pour autant.

 

Ce qui compte, c’est l’ici et maintenant. Le passé, c’est le passé, alors au revoir coco. Oui, mais pas seulement. Il y a aussi du bon dans l’avant. Des belles choses qui nous accompagnent pour notre plus grande joie. Des lumières que l’on croyait éteintes et qui se rallument par surprise pour notre plus grand plaisir. L’autre jour, j’écoutais des chansons de mon adolescence. Je les chantonnais avec gaieté. Comme si c’était hier. Le passé s’était réinvité dans mon présent avec douceur pour l’enrichir et lui apporter de vives couleurs qui l’ont réenchanté.

Si l’arbre est malade, il n’est pas entièrement pourri de l’intérieur. Lorsqu’il s’effondre, il se met à repousser doucement, en s’appuyant sur ses racines les plus solides, qui constituent la force dont il a besoin pour grandir. De nouvelles branches poussent alors, plus magnifiques que jamais, frétillantes de vie et d’amour.

Héléna DAHL

Française résidant à Bruxelles, âgée de trente-trois ans, j’ai commencé ma carrière en tant qu’assistante parlementaire au Parlement européen. Animée par ma passion des mots, j’ai choisi de me lancer avec joie dans une aventure littéraire. En effet, écrire a toujours fait partie de moi, et ce dès le plus jeune âge. Mon premier roman, La nuit s’éveille et tout s’éclaire, est une œuvre de fiction basée sur mon récit de vie. Mon deuxième roman, Un homme vrai, raconte l’histoire d’un homme face à la dépression.